Laïcité: une idée neuve

LA LAÏCITÉ, UNE IDÉE NEUVE POUR L’EUROPE

On se bouscule devant l’entrée… Dix pays frappent à nouveau à la porte de l’Europe, ce qui portera à 25 les états de l’Union Européenne. Certains considèrent que c’est trop ou trop précipité, d’autres qu’il s’agit au contraire d’une chance à ne pas laisser passer. Laissons les uns et les autres s’affronter par médias interposés, notre propos est autre.
De Chypre à la Lettonie, de Malte à la Pologne, les peuples qui vont nous rejoindre représentent un éventail très large de traditions, cultures et religions forts diverses, voire opposées.
Comment malgré cela les intégrer dans l’Union? Comment permettre à chacun de vivre en toute quiétude et se rendre, pour les uns à la mosquée, les autres à la synagogue ou à l’église ou au temple…
La Constitution européenne qui s’inspirera de la Convention rédigée sous la présidence de Mr Giscard D’Estaing sera-t-elle cet outil indispensable à la paix inter-communautés?
Rien n’est moins sûr car le projet n’intègre pas le seul principe capable de générer l’harmonie entre des peuples si divers, celui de laïcité. Et pourtant:
Rappelons que la laïcité c’est le respect du droit de croire ou non à un Dieu, en toute liberté, en toute sécurité; c’est l’engagement de chacun à permettre à tous la liberté de conscience, c’est le militantisme pour la démocratie garante des libertés.
Reposant sur une rigoureuse séparation entre les églises et les communautés d’une part et l’état et ses services publics d’autre part, elle est une garantie majeure d’un respect intelligent des différences.
Une telle réalité nous est habituelle, presque naturelle en France qui, rappelons-le, est le seul état avec le Portugal à présenter un caractère authentiquement laïque. Il serait dommage et dommageable pour la future Union à 25 et plus qu’elle disparaisse.
Chaque état conservant une part importante de souveraineté, le traité de Maastrich ayant prévu les conditions de développement d’une véritable union politique, il apparaît utile de se pencher sur la place que la laïcité pourrait occuper dans l’identité culturelle et juridique de l’Europe actuelle et future. Agir avant qu’il ne soit trop tard pour qu’elle soit reconnue et inscrite comme l’un des principes généraux du droit communautaires permettrait d’éviter certaines dérives dangereuses.
Paraphrasant André Malraux qui aurait dit ou écrit « le 21 ème siècle sera religieux ou ne sera pas » je conclurai en affirmant:

« L’Europe sera laïque ou ne sera pas »

J.P. Fonmarty