9 mars 2019

Pour la 3° année consécutive, avec les partenaires ENJEU FEMMES et le CDAFAL, avec le soutien du CIDFF et de la VILLE de BERGERAC nous avons organisé une manifestation commune pour cette journée symbolique.

Bio

Brigitte Brami est née en 1964, à Tunis, et vit à Paris. Elle est spécialiste de Jean Genet.

Après la publication d’un recueil de poèmes à l’âge de 20 ans : La Lune verte (éditions Saint Germain des près, 1984), puis l’obtention d’un Diplôme d’Études Approfondies (Master 2) en arts du spectacle, et des études doctorales en littérature et civilisation françaises, elle devient la première assistante de la Commissaire Marie Redonnet, lors d’une exposition organisée par le Service de Coopération Culturelle français et l’ambassade de France au Maroc sur Jean Genet au Maroc : Jean Genet et le Monde Arabe. L’auteure s’est ensuite fait remarquer, en 2011, par le succès en librairie d’un petit livre relatant sa première incarcération à Fleury-Mérogis : La Prison ruinée (Indigène édition, 2011). C’est lors de sa deuxième incarcération à la Maison d’Arrêt des Femmes qu’elle a finalisé les corrections de Miracle de Jean Genet (L’Harmattan, coll. L’écarlate, 2015).

Corps imaginaires (extrait) 

 » J’ai tenu à tricoter avec mes souvenirs marseillais les deux textes qui suivent dans leur intégralité en les laissant intacts. Ils décrivent deux détenues que j’ai connues à la même période lors de mon incarcération en 2013/2014 à Fleury-Mérogis, dans le 91.

Thérèse a vécu son corps comme entièrement aliéné à la cour de promenade, à sa cellule, au petit espace des parloirs, aux contingences. Elle en est morte. Tandis que Sana a déréalisé et réinventé son corps,, elle a ainsi agrandi la cour de promenade, sa cellule, le petit espace des parloirs, et les contingences, elle a survécu. Tout corps est imaginaire, quand il est enfermé, quand il jouit, quand il meurt. Et surtout quand il se regarde dans le miroir.